À quoi sert le trait ー dans un mot japonais ?
Par Louis-Nicolas Leuillet, le , 5 min de lecture
Tu l'as forcément déjà vu sur une carte de restaurant ou sur une enseigne : un trait horizontal posé au milieu d'un mot, comme dans ラーメン.
Dans l'alphabet japonais, ce trait allonge la voyelle du kana placé juste avant lui : on lit « raamen », avec un « a » qui dure deux fois plus longtemps.
Il n'a pas de son à lui, et tu le croiseras presque toujours dans un mot en katakana.
Comment il se lit ?
Ce trait s'appelle le chōonpu, ce qui veut dire « signe du son long » (rassure-toi, personne ne te demandera son nom au restaurant).
Lui-même ne fait aucun son : il te dit de tenir la voyelle un temps de plus.
Prenons ラーメン (les ramen). Sans le trait, tu lirais « ra-me-n », en trois temps. Avec lui, ça donne « ra-a-me-n », en quatre temps : le trait compte pour un temps, comme n'importe quel kana du mot.
Quelle voyelle faut-il allonger ? Toujours celle du kana d'avant. Après ラ, c'est un « a ». Après コ, un « o ». Après ビ, un « i ».
En romaji, cette voyelle longue se note avec une barre au-dessus de la lettre : ā, ī, ū, ē, ō. Si le mot « romaji » ne te dit rien, je l'explique dans C'est quoi, le romaji ?.
Où tu vas le croiser ?
Surtout sur une carte de restaurant ! Le trait sert dans les mots écrits en katakana, c'est-à-dire les mots que le japonais a pris à d'autres langues, et il y en a beaucoup dans ce qui se mange et ce qui se boit :
| En katakana | Veut dire | La voyelle qui dure |
|---|---|---|
| コーヒー | le café | le « o » et le « i » |
| ビール | la bière | le « i » |
| ケーキ | le gâteau | le « e » |
| カレー | le curry | le « e » |
| チーズ | le fromage | le « i » |
Tu as vu コーヒー ? Il y a deux traits dans le même mot, et c'est tout à fait normal : « ko-o-hi-i ».
La première fois que j'ai recopié ラーメン dans un cahier, j'ai pris ce trait pour un trait d'union, comme dans « porte-monnaie », et j'ai sagement laissé un petit espace de chaque côté. Je me suis retrouvé avec deux bouts de mot qui ne voulaient plus rien dire 🥲
Les kana de ces mots sont tous dans le tableau des katakana.
Et quand le mot est écrit de haut en bas ?
Le japonais s'écrit aussi en colonnes, de haut en bas, et beaucoup d'enseignes sont faites comme ça. Dans ce cas, le trait se met debout : il devient vertical, pour suivre le sens de la lecture.
Regarde la photo. Sur la grande enseigne orange, le mot est écrit de gauche à droite et le trait est couché. Sur la bannière rouge, en bas à droite, le même mot descend, et le trait est debout. C'est le même signe : il a tourné avec le texte.
Pour l'écrire, tu traces un seul trait : de gauche à droite dans une ligne, de haut en bas dans une colonne.
Et en hiragana ?
En hiragana, on n'emploie presque jamais ce trait. Pour allonger une voyelle, on ajoute un kana de voyelle à la place : dans おばあさん (la grand-mère), c'est le あ qui fait durer le « a ». Tu retrouveras les cinq voyelles en haut du tableau des hiragana.
En katakana, c'est la même chose : si tu oublies le trait, tu écris un autre mot, ou un mot qui n'existe pas. Alors quand tu recopies le nom d'un plat, compte bien tes traits.
Si tu apprends les katakana avec Kanami, tu liras ces mots en chemin : コーヒー et ラーメン font partie de ceux que l'application te fait lire.
Les questions qu'on se pose aussi
Est-ce que le trait ー est un kana ?
Non. Tu ne le trouveras pas parmi les 46 katakana du tableau, et il n'a pas de son à lui. C'est une marque qui se place après un kana pour faire durer sa voyelle.
Peut-on trouver le trait au début d'un mot ?
Non, jamais. Il allonge la voyelle du kana d'avant : il lui faut donc un kana avant lui.
Comment ne pas le confondre avec un trait d'union ?
Un trait d'union relie deux mots. Le trait japonais, lui, est à l'intérieur d'un seul mot, et il prend autant de place qu'un kana. Si tu vois un long trait entre deux katakana, c'est lui.