Comment se prononce le ん de l'alphabet japonais ?
Par Louis-Nicolas Leuillet, le , 4 min de lecture
Dans l'alphabet japonais, ん se lit comme un n tout seul, sans voyelle, qu'on tient un petit instant. Mais ce n change légèrement selon le son qui le suit : devant m, b ou p, il se dit « m », devant k ou g, il sonne comme le « ng » de « parking ». Le reste du temps, c'est un n.
Un kana pas comme les autres
Dans le tableau des hiragana, tous les kana se terminent par une voyelle : か, き, く… Tous sauf un ! ん est le seul kana sans voyelle. Il vient toujours après une autre syllabe, pour la fermer : ほん (le livre), みかん (la mandarine), にほん (le Japon).
Il a une autre particularité : ん compte comme un temps entier. Quand un Japonais dit ほん, il ne prononce pas une syllabe mais deux temps, « ho » puis « n ». C'est pour ça qu'on l'entend un peu tenu, comme un « nn », et pas avalé comme le n de « bon » en français.
Tu le retrouves sur la page du hiragana ん, avec son ordre des traits.
Pourquoi on entend parfois un m ?
Si tu regardes des animés, tu as sûrement entendu « sempai » alors que le mot s'écrit せんぱい (l'aîné). Personne ne s'est trompé ! Devant p, b ou m, ん se prononce « m », parce que les lèvres se ferment déjà pour le son d'après.
Essaie de dire « senpai » en gardant bien le n : tu vas voir, ta bouche passe d'elle-même au m. D'ailleurs, le français écrit « tempura » avec un m, alors que le japonais écrit てんぷら : c'est le m qu'on entend !
Voici ce que ça donne selon le son qui suit :
| Le mot | Ce qui suit ん | On entend |
|---|---|---|
| さんぽ | p | « sampo » (la promenade) |
| しんぶん | b | « shimbun » (le journal) |
| まんが | g | « mang-ga », comme dans « parking » |
| げんき | k | « geng-ki » (en forme) |
| みんな | n | « minna » (tout le monde) |
| うどん | rien | un n tenu, au bout du mot |
Ne te prends pas trop la tête avec ça : ça se fait tout seul en parlant. Tu écris toujours le même ん, et ta bouche fait le reste.
Pourquoi « konnichiwa » a deux n ?
こんにちは (bonjour) s'écrit こ, ん, に, ち, は. Tu vois le ん suivi du に ? Ça fait un n pour ん, puis un n pour に, d'où les deux n en romaji.
Moi, pendant longtemps, j'ai écrit « konichiwa » avec un seul n dans mes messages (et personne ne m'a corrigé 😬). En japonais, ça donnerait こにちは, un mot qui n'existe pas. À l'oral, on entend la différence : le ん se tient un temps avant de passer au に.
Ce n tenu, qui prend un temps à lui tout seul, ressemble un peu au petit っ, qui fait aussi une pause d'un temps dans le mot. Mais っ double la consonne suivante, alors que ん se prononce.
Et devant une voyelle ?
C'est le cas le plus piégeux en romaji. Prends てんいん (le vendeur) : il s'écrit て, ん, い, ん. Si tu écrivais « tenin », on pourrait lire て, に, ん, ce qui n'est pas le même mot.
C'est pour ça que le romaji ajoute une apostrophe après le n quand ん est suivi d'une voyelle ou d'un y : l'apostrophe dit « ici, c'est ん ». Si le romaji te sert encore pour lire, garde ce réflexe.
À l'oral, ce ん garde son temps à lui : on ne le colle pas à la voyelle d'après, comme on le ferait en français.
Sur ce rideau d'entrée de restaurant, le ん est le dernier signe : うどん, avec un n tenu au bout, sans voyelle derrière.
Les questions qu'on se pose aussi
Quelle est la différence entre ん et ン ?
Aucune pour le son : ン est le même n en katakana. Il sert dans les mots venus d'autres langues, comme ラーメン (les ramen) ou パン (le pain), et suit les mêmes règles de prononciation.
Un mot japonais peut-il commencer par ん ?
Non, pas dans les mots que tu vas apprendre : ん vient toujours après une autre syllabe, pour la fermer. C'est aussi le dernier kana du tableau des hiragana.
Dans Kanami, la carte de ん cache la lettre n dans son trait : un bon moyen de te rappeler qu'il se lit sans voyelle.